David Saforcada

17 mars 2017

Rien ne s'arrête.

Voilà, aujourd’hui s’achève la belle aventure de la présidentielle 2017.

Je vais vous faire un aveu, dès le lancement de ma candidature je savais que les parrainages ne seraient au rendez-vous. Il aurait fallu être fou ou arrogant pour croire le contraire. Ce qui m’a importé dans cette candidature, ce n’est d’avoir un, dix, cent parrainages mais de pouvoir mettre en avant le bonapartisme que je défends avec mes amis et compagnons de France Bonapartiste. Je ne suis qu’un soldat de la cause, des valeurs, de l’image et je suis fiers d’avoir été, durant quelques mois, le porte-drapeau.

Ces quelques mois ont permis de sortir le bonapartisme de l’ombre, de montrer qu’il n’est pas fondu dans un camp ou un autre ais qu’il a bien se représentation. Certains voudraient nous faire croire qu’il est au Front National, d’autres chez Debout La France ou bien chez François Fillon, ou encore chez Macron. Non, il est chez les bonapartistes, chez ceux qui ont le courage d’avancer au grand jour, de déployer les aigles et la violette. A la facilité nous choisissons l’adversité et nous sommes fiers, chez France Bonapartiste de croire et d’oser.

Croire et oser. C’est pour cela que nous nous sommes lancés et c’est pour cela que nous ne soutiendrons personne lors de la campagne qui commence. Certains tentent de nous ressembler, d’autres tentent de nous copier. Certains semblent proches de nous mais le mirage se disperse aussi vite que la brume le jour d’Austerlitz. Alors pas de soutien, pas de ralliement mais encore moins de consigne de vote.

Notre combat ne s’arrête pas le 17 mars. Comme depuis la naissance de France Bonapartiste, nous allons continuer à défendre cette certaine idée de la France, cette certaine idée de la politique, qui nous sont chevillées au cœur. Fidèle à l’esprit, non par nostalgisme, nous allons continuer à défendre le bonapartisme. Pour nous peu importe la question dynastique ou républicaine, le bonapartisme s’adapte, il l’a montré tout au long de son histoire, pour proposer le juste milieu entre les droits et les devoirs, entre patriotisme et universalisme.

Président de France Bonapartiste, je lance un appel à toutes celles et ceux qui se disent bonapartiste, je le lance au nom du Conseil National Bonapartiste, rejoignez-nous. C’est ensemble, autour de certaines personnalités, que nous construirons le mouvement bonapartiste de demain.

 

11 mars 2017

Forces et faiblesses du modèle assimilationniste français.

Par Alexandre Mandil, membre du Conseil National Bonapartiste.

 

« Nos ancêtres les gaulois ». Cette formule, enseignée à des milliers d’écoliers prête désormais à sourire, symbole, s’il en est, du modèle français de colonisation, mais également d’accueil des flux migratoires sur le territoire national : l’assimilation.

Provenant du latin « assimulatio » (similitude) et de « similis » (semblable), l’assimilation est le processus qui permet à un étranger ou à une minorité de s’intégrer à un groupe social plus large en adoptant ses caractéristiques culturelles. Ce processus favorise l’homogénéisation des populations afin d’effacer les particularismes et d’en faire des citoyens non différentiables des autres par l’obtention de la nationalité, conçue comme un engagement irrémédiable. Ce processus peut être choisi ou être le résultat d’une politique volontariste, comme dans le cas d’un pays colonisateur désirant assimiler un peuple colonisé.

L’assimilation s’accompagne, pour les populations qui en sont l’objet, de l’adoption de la langue et de l’adhésion au système de valeurs du groupe dominant, l’expression de leur identité et leurs spécificités socioculturelles d’origine étant cantonnées à la seule sphère privée. Elle est à différencier de l’intégration ou de l’insertion qui reconnaissent les spécificités culturelles ne les considérant nullement comme un obstacle à son intégration dès lors que l’individu respecte les règles de la société d’accueil. De conception anglo-saxonne, ce modèle conduit le plus souvent au communautarisme, voir même parfois à la ségrégation qui sépare les personnes de couleurs différentes dans les activités qu’elles exercent couramment, que ce soit manger au restaurant ou s’asseoir sur un banc public ou dans un bus. Ce fut notamment le cas en Afrique du Sud ou dans le sud des États-Unis.

 

La naissance du modèle assimilationniste français

Le concept d’assimilation, débattu pendant de nombreuses années, remonte à l’Empire romain et à l’assimilation des nouveaux territoires conquis par les légions romaines. « A Rome, fait comme les Romains », disait l’adage. Le latin, le droit romain, les modes vestimentaires, la culture romaine, la romanisation des noms, l’urbanisation furent adoptés par les conquis. Et souvent vécus comme une chance par ces derniers. L’édit de Caracalla de l’an 212 accorda en retour la citoyenneté romaine à tous les habitants de l’Empire.

De l’avènement de l’État-nation français, jusqu’au marché commun gaullien, en passant par les formidables expériences bonapartistes, l’Histoire de France est une quête pour reprendre le flambeau de l’Empire.  Le royaume de France trouvant son origine autour de l’Ile de France a pu s’étendre jusqu’à atteindre nos frontières actuelles par une longue série de guerres et de conquêtes, mais également par l’adoption de la langue, des coutumes, de la culture et du droit français, de la part des populations et des territoires alentour. La langue d’Oc et le breton, furent par exemple interdis d’utilisation officielle dès le XVIe siècle par l’ordonnance de Villers-Cotterêts, édictée par François 1er en 1539, qui instaura la primauté et de l’exclusivité du français dans les documents relatifs à la vie publique du royaume de France. Puis, c’est dans l’enseignement que les langues régionales laissèrent peu à peu la place à la langue nationale, sous la révolution française – « le français sera seul en usage à l’école » – puis sous la troisième République. Avant de disparaître progressivement de la vie quotidienne en raison du brassage national accéléré par la Première Guerre mondiale et par l’amélioration des voies de communication.

Avec le renforcement de l’Etat-nation français, c’est la «mission civilisatrice» et le sentiment universaliste français qui naissaient. Ce processus devait par la suite être transposé aux peuples colonisés d’Afrique et d’Asie.  Éric Zemmour explique ce «complexe de supériorité culturelle français» par leur envie de copier « une fois encore, les Romains qui assimilèrent progressivement les Gaulois, en sélectionnant des élites gallo-romaines, et accordèrent la citoyenneté romaine et l’entrée au Sénat aux plus brillants d’entre eux ».

 

L’assimilation appliquée aux colonies

En effet, au XVIIIe siècle, Condorcet expliquait que « les peuples d’Amérique, d’Afrique et d’Asie semblent n’attendre que d’être civilisés et de recevoir de notre part les moyens de l’être et de trouver des frères parmi les Européens pour devenir leurs amis et leurs disciples ».

À la Révolution française de 1789, les « indigènes » furent considérés comme Français, dès lors que leur territoire était sous souveraineté française.  Ainsi, le 4 avril 1792, l’esclavage fut aboli puis l’Assemblée nationale législative de la Première République Française, accorda la nationalité aux « indigènes » africains de l’Île Saint Louis, des territoires de l’embouchure du fleuve Sénégal et de l’Île de Gorée. En 1794, lors de l’Assemblée nationale révolutionnaire, assisté par les députés de la Caraïbes et l’Inde française, fut  adoptée une loi disposant que « tous les hommes résidant dans les colonies, sans distinction de couleur, sont citoyens français et jouissent de tous les droits garantis par la Constitution ».

En échange, et à la différence de la politique coloniale britannique de type ségrégationniste, les Français souhaitent, et imposent, que les indigènes apprennent la langue et s’assimilent à la culture française.

Cette doctrine de l’assimilation a été théorisée par Arthur Girault dans son ouvrage classique « Principes de colonisation et de législation coloniale » en 1894. L’assimilation, écrivait-il, « est l’union plus intime entre le territoire colonial et le territoire métropolitain ». Son but « est la création progressive de véritables départements français ». « L’assimilation doit être pensée comme l’héritière directe du projet de la Révolution française, car la Constitution de l’An III (1795) avait déclaré que les colonies étaient partie intégrante de la République ».

L’épisode des Quatre communes, faisant des Africains des citoyens français à part entière, pouvant exercer les plus hautes fonctions politiques de l’État français, et disposant de députés, a permis l’essor d’une élite. Blaise Diagne,  d’origine africaine, assimilationniste et homme politique français, les qualifiait de « Berceau de la France Africaine ». Il fut le premier député noir d’Afrique élu à la Chambre des députés française et a également joué un rôle important en faveur des droits des noirs engagés dans les troupes coloniales.

C’est également ce statut qui permit à Galandou Diouf, Barthélémy Durand Valantin, Lamine Gueye et, dans le cadre de la réforme de 1944, au normalien Leopold Sedar Senghor d’être députés. Qui a permis l’incroyable carrière de Félix Houphouët-Boigny successivement chef traditionnel, médecin, planteur, dirigeant syndical, député ivoirien en France, ministre de gouvernements français sous la IVe et Ve République – avant l’indépendance de la Côte d’ivoire – puis président de l’Assemblée nationale ivoirienne, maire d’Abidjan, Premier ministre ivoirien et premier président de la Côte d’Ivoire de 1960 à 1993. Et comment oublier les 37 000 juifs d’Algérie, puis les colons espagnols, italiens et maltais pleinement devenus français le 24 octobre 1870, suite au décrét Adolphe Crémieux ? Ou, à l’instar de Christiane Taubira, ministre de la Justice et d’Aimé Césaire, poète et député de la nation, les centaines de milliers de martiniquais, guyanais, guadeloupéens ou néo calédoniens qui participent aujourd’hui à l’Histoire de France ?

Néanmoins, ce modèle appliqué aux colonies demeura inachevé. Un statut spécifique « d’indigène » subsista et on jugea couramment les peuples colonisés, les « races » noires, jaunes ou rouges, comme étant inférieures aux métropolitains, de «race » blanche, « la plus parfaite ». Considérés comme de grands enfants et ne pouvant véritablement administrer leur territoire, ils constituèrent rapidement une main-d’œuvre bon marché et trop souvent exploitée. Théoriquement idéale, la doctrine de l’assimilation appliquée aux colonies pécha trop souvent dans la pratique.

 

L’assimilation comme modèle français d’accueil des étrangers

Appliquée aux peuples conquis, l’assimilation a, en outre, constitué le modèle français d’accueil des étrangers en métropole, de la IIIe République aux années 1970-80 permettant l’installation de nombres d’Italiens, de Belges, d’Espagnols etc.

Contrairement à une idée faussement rependue aujourd’hui, la France n’a pas toujours été une terre d’immigration. Avant les vagues d’immigration européenne, de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle, puis des vagues d’immigration africaine d’après guerre, les dernières vagues importantes dataient en France du neuvième siècle avec quelques centaines de Vikings, et en Europe occidentale avec quelques milliers de berbères. Entre temps, et ceci pendant des siècles, la France est restée une société de petits paysans vivant principalement dans leurs villages et dans quelques bourgades plus importantes.

Ce fut à la fin du XIXe siècle, qu’en déficit démographique, la France fut l’un des seuls pays d’Europe à accueillir une immigration continue, tout comme les États-Unis, l’Australie, l’Argentine ou le Canada. Une immigration d’abord majoritairement intra-européenne.

De nos jours, ces populations sont désormais considérées comme intégralement françaises, et personne n’aurait l’idée de le remettre en cause. Légions sont désormais nos dirigeants ou entrepreneurs à porter un nom de famille à consonance italienne, espagnol ou polonaise. Accueillis par notre patrie, ils eurent à s’assimiler, a adopter un prénom français, à s’approprier notre langue, notre culture, notre histoire. Pleinement assimilés et sans que nulle aujourd’hui ne songe à dénoncer cet état de fait, leurs descendants purent bénéficier, notamment par l’intermédiaire de l’école de la République, du rêve français : Léon Gambetta, Rachida Dati en encore Manuel Valls et Nicolas Sarkozy furent de ceux-la: des produits plus ou moins parfait de l’assimilation française. Plus modestement, l’auteur de ces lignes également.

Mais ça ne se fit pas sans heurt. Ce modèle d’assimilation en obligeant l’immigré désireux de devenir français à se dépouiller d’une partie de son identité, provoqua souffrance et parfois même découragement.  En effet, sur les trois millions d’immigrés européens accueillis sous la troisième République, près des deux tiers des Italiens sont repartis, et près de la moitié des Polonais, pourtant européens et catholiques. Seuls sont restés ceux qui, par amour pour la France, et sans les abandonner, furent prêts à confiner leurs traditions, religions et particularismes à la sphère privée.

Comment ne pas évoquer ici, en abordant l’amour de la France, l’odyssée de Lazare Ponticelli, dernier « Poilu français » qui commença à travailler dès l’âge de six ans pour se rendre à Paris en France, qu’il considérait comme « le paradis ». Ne sachant pas si ses économies seraient suffisantes pour acheter un billet Piacenza-Paris, il décida de courir derrière le train jusqu’à la frontière française, avec ses sabots sur l’épaule pour ne pas les abimer et débarqua Gare de Lyon, en 1906 à 9 ans, sans savoir ni lire, ni écrire, ni parler français. Devenu entrepreneur, il quitta tout lors de la première guerre mondiale,  et s’engagea à 16 ans en trichant sur son âge pour rendre à la France à sa manière, ce qu’elle lui avait offert. Blessé en Slovénie, il retournera au front. Jugé trop âgé lors de la seconde guerre mondiale, il entrera alors dans la résistance. Décédé en mars 2008, Max Gallo le qualifiera « d’Homme de paix, modeste et héroïque [...] italien de naissance et français de préférence ».

La France, et son modèle assimilationniste, avait à l’origine pour tradition d’obliger les parents, français ou étranger, à choisir le prénom de leur enfant dans le calendrier français.  Ce principe multi-centenaire fut érigé en loi en 1965 et 1972.  Toutefois, en 1981, les préfets reçurent l’instruction de ne plus interdire aux parents de donner à leurs enfants des prénoms autres que français, permettant les prénoms américains, musulman, italien ou israélite.  En 1993, une loi vint abolir les précédentes, oubliant par ailleurs toute la symbolique du prénom: ce dernier marque la volonté d’assimilation quand le nom de famille mentionne, lui, l’origine. Au lieu de pousser les populations étrangères à s’assimiler totalement à la France, limitant ainsi les différences, et par la même la méfiance intrinsèquement humaine qui en résulte, les derniers gouvernements ont cherché à transformer la mentalité et la perception des populations d’origines. Sans succès : sondages après sondages, les Français considèrent désormais massivement que l’immigration doit être régulée.

En effet, depuis les années 70 et 80 et l’abandon progressif du modèle d’assimilation pour le modèle d’intégration, le communautarisme et la perte d’identité triomphent. Ajoutée à l’augmentation absolument sans précédent dans l’Histoire des flux migratoires aggravées par la mondialisation, la France ne parvient plus à dissoudre et accueillir sereinement, dignement et efficacement ses nouvelles populations. Pauvreté, chômage, mal logement, échec scolaire, délinquance sont-elles devenues les seules perspectives offertes par la France qui, d’une part s’obstine à refuser toute régulation et d’autre part s’interdit d’assimiler ceux qu’elle accueille ?

Mais telle est l’époque, que les français face à l’échec de l’intégration, réclament toujours moins d’assimilation. «Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes» disait Bossuet.

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07 mars 2017

Réponse à l'ASAF

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L'Association de Soutien à l'Armée Française a adressé une lettre/questionnaire à l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle de 2017. Les questions de Défense sont cruciales pour notre pays et il ne faut pas les galvauder. J'ai répondu aux 8 questions posées par l'association avec toute l'implication que peut avoir pour ces questions un ancien "marsouin" membre de l'Union Nationale des Combattants et de l'ASAF. Je vous livre, ci-dessous, mes réponses qui rejoingnent les propositions que j'ai déjà pu faire sur le sujet.

 

8 questions sur la Défense au futur 8e président de la Ve République

 

1- Quelle réflexion avez-vous développée sur la responsabilité de chef des Armées ?

Ancien militaire du rang, EVAT de 1990 à 1999, ayant servi au sein des Troupes de Marine j’ai pu « toucher du doigt » ce qu’un chef des Armées peut demander à « ses » soldats et ce que ceux-ci donnent pour la France. Le Président de la République, dans ce domaine plus qu’un autre, n’est pas là pour « inaugurer les chrysanthèmes » mais pour être au plus prêt de la chose militaire. Au plus prêt qu’il s’agisse de faire mettre en place une véritable politique de Défense en donnant toute leur place aux militaires, à tous niveaux hiérarchiques afin de leur permettre d’être à l’appui des opérations sur la totalité de leur réalisation,  mais aussi au plus prêt des troupes lorsque celles-ci sont engager sur un théâtre d’opération quel qu’il soit. Chef des Armées, le Président est le garant des traditions, de la cohésion et de la reconnaissance de la Nation qui sont parmi les piliers de l’Institution. Il ne doit jamais oublier qu’il a entre ses mains la vie des soldats de France mais aussi leur honneur. Parce qu’il peut demander le sacrifice ultime, il doit être un bouclier pour les militaires.

2- Le général de Gaulle a écrit que « la Défense est le premier devoir de l’Etat ». Partagez-vous cette priorité et, plus généralement, comment celle-ci s’inscrirait-elle dans votre politique globale ?

Oui, l’Etat a pour mission d’assurer la protection du territoire national et de maintenir une certaine image de la France dans le monde, cela s’appuie sur une Défense à la hauteur. Pour moi la question de Défense s’inscrit dans un tout qui va de l’Instruction Publique (sens des valeurs, héritage historique mais aussi intégration …) au devoir de mémoire (honorer tous les Soldats de toutes nos guerres mais aussi ne pas oublier les « vétérans » d’aujourd’hui) en passant par une vision de la place de la France sur l’échiquier mondial et donc les moyens mis en œuvre pour occuper cette place mais aussi par une politique de ré-industrialisation militaire. La Défense n’est pas une simple ligne comptable, variable d’ajustement d’un budget national.

 

3- La part du PIB consacrée à la Défense est aujourd’hui de 1,5% (hors pensions). Quelle part du PIB (hors pensions) envisagez-vous de lui consacrer et à quelle échéance ?

Il est évident que le budget de la Défense ne peut rester à un si faible niveau mais il ne peut pas non plus se contenter des 2% préconisés par beaucoup pour suivre la demande de l’Otan. Pour ma part, je propose une augmentation du budget de la Défense (hors pension) suivant un effort progressif permettant d’atteindre 3% du PIB entre 2020 et 2025. Cet effort est obligatoire si nous voulons pouvoir avoir une hausse des effectifs mais aussi et surtout pour avoir des matériels rénovés ou nouveaux (avec un taux maximum de disponibilité), des matériels venant aussi combler des vides capacitaires.

 

4- Quelle est votre position sur la dissuasion nucléaire, en particulier sur la nécessité de moderniser ses deux composantes dans la décennie à venir ?

La dissuasion nucléaire doit rester une des composantes de notre défense et elle se doit d’être modernisée mais il ne faut pas perdre de vue la vision globale que doit avoir notre pays entre forces nucléaires et forces conventionnelles sur le court et moyen terme. A titre personnel je m’interroge sur la nécessité d’avoir une capacité nucléaire air et une capacité nucléaire mer. Je pense qu’on pourrait réduire voir supprimer la composante aérienne afin de libérer des capacités pour les forces conventionnelles.

 

5- La France, membre fondateur de l’OTAN, a réintégré son commandement militaire en 2009. Face à un éventuel désengagement américain, pensez-vous que la France y aurait encore un rôle à jouer ? Comment peut-elle dès aujourd’hui contribuer à bâtir une défense européenne ?

Je vais être clair, pour moi le retour de la France au sein du commandement intégré de l’Otan fut une erreur. Notre pays doit se retirer de cette organisation et retrouver une indépendance totale. C’est en étant souveraine que la France a toujours su peser dans le monde. Pour construire une défense européenne, il faudrait qu’il existe une politique étrangère européenne et ce n’est pas le cas. Si on prend un exemple ressent, comme l’envoi par l’Allemagne d’un bataillon en Lituanie en lieu et place du Sahel, on peut se rendre compte que rien n’a évolué depuis la guerre en ex-Yougoslavie.  La France doit être en mesure non pas de bâtir une défense européenne mais d’être moteur d’une défense de l’Europe avec les nations qui ont compris où sont les priorités.

 

6- Il est parfois reproché aux gouvernements d’engager notre armée sans avoir un objectif politique clair s’appuyant sur une stratégie globale et de long terme. Quelle serait votre politique dans ce domaine au Moyen-Orient mais surtout en Afrique, champ d’influence premier et historique de la France ?

Avant de regarder vers l’Afrique, le Moyen-Orient ou même à l’Est, la France doit en premier temps avoir une politique de défense de sa ZEE incluse dans le grand projet de France sur Mer que je préconise. Concernant l’Afrique, il faut que la France affirme clairement que sa sécurité est son problème. Cette stratégie africaine, francophone ou non, doit être militaire mais aussi économique, environnementale et sociétale car le danger islamiste ne se combattra pas simplement que par les armes et le problème migratoire par nos frontières. Pour ce qui est du Moyen-Orient, il faut que la France soit claire sur ses positions qui sont la lutte contre les islamistes et la protection des minorités (on a trop tendance à oublier notre statut unique depuis 1535 de gardienne des lieux Saints chrétiens). Il ne faut pas hésiter à rompre avec certaines monarchies jouant un jeu trouble. La France doit soutenir le processus de paix au Moyen Orient entre Israël et la Palestine. L’arrêt des colonisations est indispensable à ce processus, ainsi que la création d’un Etat Palestinien indépendant qui permettra aux populations locales de vivre sereinement. Cependant, la France ne reconnaîtra jamais une Palestine qui serait dirigée par une organisation terroriste ou qui refuserait de reconnaitre Israël comme un Etat juif.

 

7- Il existe aux Etats-Unis une garde nationale qui est une véritable armée dont le budget est d’ailleurs équivalent à celui de notre Défense. La garde nationale récemment créée en France n’est autre qu’un changement de vocable pour parler des réservistes servant au sein des forces armées et des forces de sécurité. Prévoyez-vous son extension ou le maintien du statu quo actuel ?

Je ne crois pas à ce concept « cache sexe » de Garde Nationale. Il ne faut pas se leurrer, nous n’avons pas et nous n’aurons pas les moyens d’avoir une Garde Nationale à l’américaine. Notre défense doit intégrer la composante réserve avec un véritable budget au sein du budget global mais surtout en révisant son organisation. Cette révision passera tout d’abord par une mise au point vis-à-vis de la disponibilité s’adressant aux réservistes et à leurs employeurs.  Elle sa basera ensuite sur une double organisation, réserve opérationnelle et réserve territoriale. La réserve opérationnelle serait composée des « RO2 » et des volontaires opérationnels (réserve pouvant être employé sur l’ensemble du territoire national ou dans les forces pré-positionnées). La réserve territoriale serait composée des autres volontaires servant uniquement dans leur  zone de défense et de sécurité sur réquisition.

 

8- La conscription a été suspendue en 1997 par le président Chirac. Etes-vous favorable au développement d’une coopération entre les administrations de la Défense et de l’Education nationale pour renforcer le lien Armée-Nation ? Souhaitez-vous la création d’un service militaire court obligatoire ou de volontaires ? Si oui, quelle en serait la finalité ?

Il faut développer les coopérations entre la Défense et l’Education Nationale mais aussi avec le monde économique (pour la reconversion de nos militaires par exemple ou bien pour le SMA) et associatif. La réserve citoyenne est un outil de cette coopération mais les amicales régimentaires, les musées d’armes doivent aussi s’investir. Il faut créer une osmose entre les associations de vétérans, les réserves et les troupes d’active. C’est un tout qui fera le lien Armée-Nation.

Pour ce qui est du Service Militaire, je ne cache pas que je suis partisan de son retour, dans un format universel et obligatoire, mais cela ne me fait pas perdre de vu les impossibilités, budgétaire, matérielle, humaine, actuelles. Après une hausse du budget de la Défense et après avoir atteint les objectifs capacitaires envisagés alors on pourra alors lancer une étude sérieuse sur le retour à un Service Militaire.

06 mars 2017

Emmanuel Macron ne sera jamais Marc Bloch

Pour monsieur Macron, il n’y a pas de culture française. Pour monsieur Macron, la France a commis des crimes contre l’humanité de part son histoire coloniale. Sûrement n’a-t’il pas pu dans sa jeunesse mais aussi plus tard s’émerveiller devant tous les monuments qui jalonnent notre pays. De Notre-Dame à la Cité de Carcassonne, des Arènes de Nîmes au Beffroi d’Arras ? Peut-être que sur les bancs de l’ENA, il a oublié Ronsard, Molière, Balzac, Zola, Gary ? Banquier, il n’a pas dû pouvoir s’enorgueillir des gloires passées de Clovis à Napoléon, de Louis IX à Clémenceau, de Bayard à de Gaulle ? Peut-être ignore t-il Pasteur, Yersin, Lyautey, Gallieni, Brazza …

La liste pourrait être longue de tous les peintres, écrivains, cuisiniers, sculpteurs, architectes, musiciens, rois, empereurs, présidents mais aussi ouvriers et paysans, qui ont façonné la France et construit sa culture en sachant amalgamer les époques lointaines où la France n’était pas encore une. Une culture qui a su intégrer l’autre au point que celui-ci était Français.

Qui est donc M Macron ? Sûrement pas un homme de la trempe de Marc Bloch. Non car sinon jamais il n’aurait dit ou même pensé que ‘il n’y avait pas de culture française. Marc Bloch à qui je laisse la place pour conclure – « La France, la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœur. J’y suis né, j’ai bu aux sources de sa culture. J’ai fait mien son passé, je ne respire bien que sous son ciel, et je me suis efforcé, à mon tour, de la défendre de mon mieux. ».

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02 mars 2017

Croire et oser pour la France

2016-10-11 18

L'ordre social est plus fragile qu'on ne le croit et l'on a trop vite abandonné l'idée de progrès. Progrès économique, social, scientifique, technique, de niveau de vie, etc… Mais comment vouloir le progrès dans le monde tel qu'il est ? L'essentiel est dans la posture, dans le choix entre le oui et le non, entre la soumission à la pensée unique et la politique de la volonté. Le bonapartisme peut et doit être cette politique de la volonté. Mais quelle est la différence entre le bonapartisme et la pensée unique ? 

Le bonapartisme c'est l'égalité, la récompense du mérite, la souveraineté populaire et l'Etat-Nation. La pensée unique c'est l'inverse, le droit aux privilèges, le chacun pour soi, le fédéralisme. Concrètement c'est la lutte entre d'un côté la souveraineté dans l'Etat, la solidarité nationale et l'autorité de l'Etat et de l'autre la charité, la ségrégation, le déclin du service public et l'Etat minimum.

Le bonapartisme doit être ce catalyseur d'énergie qui amène à une véritable politique de "développement durable" synonyme de progrès. Un développement durable qui ne s'arrête pas à l'écologie, au principe de précaution et aux parcs nationaux mais qui nous amène vers une "politique de civilisation". Un développement qui invite à penser quantitatif et qualitatif, économie et société, marchand et non marchand, court terme et long terme. Un développement qui nous oblige à réintroduire dans notre raisonnement les solidarités, les réciprocités, la culture, l'environnement … Le progrès commence quand on imprime une direction, quand on sait où l'on veut aller. Mais il ne faut oublier que le développement ne se décrète pas, il se stimule et il s'oriente et cela c'est le rôle du politique.

Dans l'ordre politique : Le bonapartisme comme projet, la nation et l'Etat comme point d'appui. Sans nostalgie, sans regrets, en regardant vers l'avenir. Le bonapartisme comme conjugaison de l'égalité et du mérite, comme clé de partage entre la sphère privée et la sphère publique. Le bonapartisme comme point d'équilibre entre le respect de la liberté individuelle et l'exigence collective. La nation comme espace privilégié de solidarité et de coopération. Si la nation n'exclue pas les autres espaces, elle passe avant et cela à cause de l'Histoire, de la culture et des valeurs. Le sentiment national et non le nationalisme. La France ouverte vers le grand large mais qui ne se dissout ni culturellement ni politiquement. La nation doit être un creuset politique, économique, culturel …  L'Etat comme levier, la seule force capable de porter un projet collectif. Un Etat unit, toute souveraineté est dans l'Etat et elle ne se partage pas.

Cette politique du développement, cette politique du creuset doit avoir pour ambition de créer une nouvelle citoyenneté, un nouveau pacte social et économique et un nouvel esprit de conquête. Il faut pour cela entreprendre, créer, innover, inventer. Il faut investir massivement dans la qualitatif et dans le quantitatif, dans le capital productif et dans le capital humain. Il faut investir dans l'école, dans la ville, dans l'aménagement du territoire, dans la recherche. Il faut investir dans la réforme fiscale, dans la réforme sociale, dans la réforme de l'Etat.

Face à la pensée unique qui nous répète inlassablement ses axiomes d'impossibilité de la France, de l'Etat, d'impossibilité du progrès social, d'impossibilité d'une autre politique, le bonapartisme est là. Le bonapartisme doit être la force du non. Le bonapartisme en tant que comportement et recours a de nouveau une signification.

Il existe aujourd'hui une rupture entre le peuple et des élites qui n'ont pas su, depuis 30 ans, juguler le chômage, s'opposer à l'accroissement des inégalités. Des élites qui ont été incapables de maintenir la croissance, d'assurer la sécurité de tous, de contrôler les flux migratoires, etc…

Le bonapartisme doit donc être capable de proposer une nouvelle voie aux Français, de donner un exemple et un idéal au peuple notamment à la jeunesse. Cette voie doit donc s'orienter autour des trois piliers que sont la Souveraineté, le Progrès Social et l'Autorité.

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26 février 2017

Projet Justice.

15401079_1725355301117249_2285899115108199075_nPar Christopher Destailleurs, responsable du projet Justice* de David Saforcada 2017.

La justice est une notion qui fait couler beaucoup d’encre tant par son exécution que par son appréciation. Ce thème si central désigne avant tout une valeur, un idéal moral voire même un concept philosophique, signifiant que les actions humaines doivent être regardées à la lueur de la loi. En effet, chaque citoyen doit répondre à un certain nombre de devoirs, mais bénéficie également de droits et de libertés.

La justice est évidemment entremêlée avec le principe d’égalité. L’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 dispose en ces termes que « la loi doit être la même pour tous ». Cependant, des contradictions sont apparues entre la règle de droit et la volonté politique.

C’est ainsi que la justice s’est éloignée de son peuple, rendant ses décisions d’une interprétation variable selon les sujets concernés. La justice, de nos jours, sert difficilement à satisfaire un bien commun.

Pour redresser un pays, il faut rétablir cet équilibre symbolisé par une justice implacable mais également respectueuse envers les citoyens. Son rôle est de prévenir afin d’éviter les actes interdits, et doit savoir se faire respecter de tous, en cas d’infractions et de manquement au respect de ses règles. Nul ne peut donc se prévaloir d’être en-dehors de sa compétence.

Redonnons à la justice son sens, et ses valeurs.

 

*Retrouvez l'intégralité du dossier Projet Justice 2017

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22 février 2017

Lettre ouverte à monsieur Macron

Du général de Corps d’Armée (2S) Michel Franceschi

Ancien Inspecteur des Troupes de Marine, héritières des Troupes Coloniales, j’ai l’impérieux devoir de prendre es qualité leur défense morale, en réaction à votre diabolisation de la colonisation. Ma carrière d’officier colonial épanoui, à la charnière de la colonisation et de la décolonisation de l’Afrique, me confère le double caractère d’acteur de terrain et de témoin privilégié. Je me sens donc parfaitement qualifié pour vous administrer une salutaire leçon d’histoire que vous n’aurez pas volée.

Tout d’abord, je dois vous rappeler que la conception de l’épopée coloniale de la France fut l’œuvre de grands Républicains appartenant au Panthéon de votre obédience politique. N’est-ce pas Jules Ferry qui a voulu « porter la civilisation aux races inférieures » ? Albert Sarraut a défini notre « politique indigène comme étant la Déclaration des Droits de l’Homme interprétée par Saint Vincent de Paul » (sic). De son côté, Léon Blum a déclaré en 1925 à la tribune du Palais Bourbon  « il est du devoir des races supérieures de venir en aide aux races inférieures ». Et honni soit qui mal pense de ce vocabulaire !!!

Les prestigieux artisans de cette grande œuvre humaniste s’appelèrent Gallieni, Lyautey, Savorgnan de Brazza, Auguste Pavie, Charles de Foucauld et autre docteur Schweitzer, figures de proue d’une nombreuse cohorte de valeureux exécutants plus humbles. Résumons leur œuvre à l’essentiel. Ils ont d’abord libéré les populations autochtones du joug sanguinaire de ce que l’on a appelé les « rois nègres », à la source de l’immonde chaîne de l’esclavage qu’ils ont aboli. Ils ont mis un terme aux perpétuelles guerres tribales qui saignaient à blanc le continent africain, apportant un siècle de « paix française ». A défaut d’une totale liberté qui n’était pas l’aspiration prioritaire, ils ont apporté l’Ordre et la Justice de nos admirables administrateurs coloniaux. Ils ont éradiqué les épidémies qui anéantissaient des tribus entières. Ils ont fait disparaître les endémiques famines qui  aggravaient la dépopulation.

Libre à vous, monsieur Macron, de penser que les conquêtes de la Liberté, de la Paix et de la Santé sont des crimes contre l’humanité !

Il est de notre devoir de Français d’honorer la mémoire de tous ceux qui ont laissé leur vie dans cette grandiose aventure humaine dont nous devons être fiers. J’ai pu me recueillir sur bon nombre de  leurs sépultures, qui jalonnent notre épopée coloniale. J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour remédier à leur état lamentable, jusqu’à m’attirer les foudres d’une administration lointaine. En ces lieux émouvants, cadres et simples soldats côtoient leurs frères d’armes du service de santé, particulièrement éprouvés par leur place en première ligne des épidémies. Ces Français de condition modeste avaient votre âge, monsieur Macron. Ils avaient quitté courageusement le cocon métropolitain pour servir la France au loin sans esprit de lucre et au mépris des dangers encourus. Alors, de grâce, daignez leur accorder un minimum de respect.

Voilà, monsieur Macron, ce que j’ai eu à cœur de vous dire. Au Tribunal de l’Histoire devant lequel je vous ai fait comparaître, je laisse à votre conscience et au suffrage universel le soin de prononcer le verdict.     

21 février 2017

La Participation

partiAlors que l’on assiste au triomphe de l’économie que l’on présente comme la fin du politique, l’avènement de cette société que certain présente comme parfaite, les fractures sociales se font de plus en plus jour et s’agrandissent au fil des années. Cette mode de l’économie qui se propage partout sur la planète tend à nier l’intérêt général, mettant même en cause les solidarités naturelles et par la même la cohésion nationale.

Les bonapartistes, défenseurs du politique, c'est-à-dire de l’ordre des choses et de la cité, sont pour améliorer le niveau de vie.  Pour nous, la justice sociale doit être une préoccupation de tous les instants. Nous reconnaissons la nécessité d’une association entre le capital et le travail, cette conception nous conduit donc à défendre l’idée d’intéressement et de participation. L’objectif de ces deux grandes idées étant la transformation radicale des relations sociales. Intéressement et participation constituent la clé de voûte d’un véritable programme social français donnant corps à une idée généreuse, base de notre idéal politique.

En instaurant le principe de participation, il s’agit aussi de faire un véritable choix politique : celui de permettre une véritable transformation sociale de la société française. Dans l’esprit de nos concitoyens, il s’agit d’une réalité financière -l’intéressement aux résultats de l’entreprise- une sorte de prime à la productivité, un partage des fruits de l’expansion. Mais, pour nous la participation, est autre chose qu’un simple salaire différé, capitalisé, motivation matérielle, nous y voyons le fondement d’une économie contractuelle capable d’assurer l’épanouissement des individus. Nous voulons relancer l’idée de la participation, modèle social hérité des idées de Napoléon III pour en faire le socle d’un nouveau pacte social. Aujourd’hui encore, une économie compétitive ne peut pas se construire contre les hommes, contre la civilisation.

Qu'en serait-il aujourd'hui, si comme le Général de Gaulle l'avait prévu, le noyau dur des entreprises était constitué par des fonds de Participation, c'est à dire par des capitaux appartenant aux salariés de l'entreprise ? Il est difficile d’imaginer les actionnaires-salariés d'une entreprise se délocalisant ou se dégraissant afin d'améliorer la rentabilité de leur société ?

"La participation métamorphose la condition de l'ouvrier, elle fait de lui un associé au lieu d'un salarié… Indirectement, elle a une grande vertu pour accroître la puissance productive de la société. En un mot le système de participation mérité d'être compté parmi les améliorations sociales qu'il importe de mettre en honneur." Michel Chevalier 1867

Favoriser le dialogue social et améliorer la considération des salariés au sein de l'entreprise constitue un progrès nécessaire mais non suffisant. Pour aller plus loin, France Bonapartiste estime que l'heure est venue de poursuivre l'action en faveur de la participation pensée et entamée sous l'impulsion de Napoléon III et continuée par le général de Gaulle.

La participation bonapartiste se décompose en trois volets totalement indissociables:

  1. La participation aux résultats qui est un système collectif de revenu non salarial lié aux bénéfices.
  2. La participation au capital qui est l'accès des travailleurs à la propriété des moyens de production, c'est à dire au capital social de l'entreprise.
  3. La participation aux responsabilités.

Il est aujourd'hui souhaitable de relancer la politique de participation pour des raisons sociales et économiques.

Au cœur de la démarche : des motivations sociales

La dimension sociale de la politique de la participation est centrale, elle part d'un principe selon lequel les actionnaires et les salariés doivent se partager le pouvoir d'entreprendre et le fruit des richesses produites. Une telle démarche présente plusieurs avantages. Tout d'abord, le fait d'associer les salariés aux résultats de l'entreprise permet à ces derniers de mieux comprendre les aléas du marché dans un contexte de concurrence mondiale accrue. Les salariés participant aux résultats de leur entreprise, voire détenteurs de ses actions, sont naturellement plus impliqués dans la stratégie et les résultats de leur société. Leur intérêt rejoint celui de leur entreprise, ce qui produit un effet d'émulation et une motivation nouvelle et est susceptible d'avoir des effets bénéfiques sur l'efficacité économique de l'entreprise. Surtout, cette démarche constitue une façon de reconnaître que les efforts du personnel restent indispensables au succès de leur entreprise. Une récompense adéquate de ces efforts n'est que justice. Ainsi l'extension des mécanismes de la participation à un maximum de salariés pourrait s'avérer un puissant vecteur de cohésion sociale dans notre pays.

Des impératifs économiques essentiels

Il est certain qu'un fort développement de la participation au capital permettrait de renforcer les fonds propres des entreprises françaises. Un deuxième avantage consisterait dans une plus grande stabilité de l'actionnariat de nos entreprises. Dans un contexte de libéralisation des marchés financiers et de multiplication des opérations de fusion, l'impératif de stabilisation de l'actionnariat est devenu crucial. Les actionnaires salariés apparaissent en général moins volatiles que les petits porteurs et savent faire preuve d'une certaine maturité financière lorsque cela est nécessaire, en formant par exemple un véritable pôle de résistance contre des opérations publiques d'achat étrangères inamicales. Il peut arriver en effet que l'internationalisation du capital de nos entreprises comporte des conséquences néfastes pour notre économie. A l'heure actuelle, les investisseurs non résidents sont en majorité des fonds d'investissement ou des fonds de pension qui se caractérisent par une exigence de rentabilité très élevée pour les capitaux investis. Les entreprises françaises se retrouvent donc placées dans une situation inconfortable. Un accroissement significatif de l'actionnariat salarié pourrait compenser les effets déstabilisant de cette internationalisation des entreprises. Par ailleurs, l'essor des mécanismes d'actionnariat salarié pourrait permettre de soutenir davantage les entreprises naissantes. En distribuant des actions à ses salariés, une entreprise naissante peut ainsi attirer un personnel de qualité sensible aux perspectives de plus-values ultérieures. Enfin, d'une manière générale, l'extension de la participation pourrait fournir l'occasion d'expérimenter de nouvelles formes de management dans l'entreprise, de rénover l'organisation du pouvoir en son sein ainsi que ses modalités de financement.

Face à l'hostilité de la gauche et de la droite, qui n'acceptent pour la première que la cogestion dans le secteur public et pour la seconde la participation financière pour la substituer à la politique salariale, France Bonapartiste entend donc  placer la participation au cœur de son projet pour la France.

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15 février 2017

L'adoption du CETA est une forfaiture !

agri en dangerC'est avec une colère contenue que je condamne l’adoption, aujourd’hui, de l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et le Canada. Comment peut on à ce point vouloir le pire ?

Avec mes compagnons de France Bonapartiste, nous nous désolons de voir la grande majorité des députés Européens dire oui au CETA. Des députés qui ont, une nouvelle fois, cédé aux sirènes du libre-échange le plus fou.

A l’heure où nos agriculteurs connaissent une des périodes les plus sombres de leur histoire récente, à l’heure où il faudrait penser à construire, entre autre, une exception agriculturelle, les 24 députés Français, qui ont voté pour ou qui se sont abstenus, n’ont montré que mépris envers ceux-ci mais aussi vis-à-vis de l’ensemble de la population française.

En cédant ainsi aux sirènes de l’ultra-libéralisme contre leur propre peuple, ces 24 députés me font penser à ces parlementaires qui un jour de 1940 donnèrent les pleins pouvoirs à un vieux maréchal.

Le cancer n’aura pas la peau de nos enfants !

En cette journée internationale du cancer de l’enfant, je souhaite adresser mes mots les plus chaleureux et les plus sincères, à l’attention de celles et ceux qui se battent avec force et courage chaque jour et malgré leur jeune âge, face à une maladie qui tente de voler leur innocence.

Pour mémoire le cancer pédiatrique c’est environ 1700 enfants touchés par un cancer chaque année et 500 qui en décèdent faute de traitements adaptés.

Il s’agit malheureusement de la première cause de mortalité des enfants par maladie. La situation est d’autant plus alarmante que seulement 2 % des fonds pour la recherche sur le cancer – si ce n’est moins – sont consacrés aux différents cancers de l’enfant. Ils sont donc les grands oubliés de la recherche médicale.

Au-delà de ces chiffres alarmants, ce sont surtout des enfants mais aussi et bien sûr des familles qui souffrent chaque jour, qui combattent ensemble et avec vigueur, cette maladie impalpable qui a changé leur quotidien.

Alors je voudrais humblement dire à toutes ces personnes concernées, qu’on ne les oublie pas. Je m’associe à leur combat et souhaite qu’en ce jour particulier nous les entendions et nous les soutenions dans leur combat afin qu’ils ne se sentent pas abandonnés.

Nous pouvons et nous devons faire évoluer les choses. Encore et toujours, il faut croire et oser !

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