defense

La France avec son Histoire millénaire, n’en déplaise à certains déclinologues, n’est pas devenue une « petite » nation, bien au contraire. 2ème puissance « marine » du monde, 5ème puissance économique, membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, notre pays a conservé une vision mais aussi une influence mondiale qu’elle doit au mieux conserver si ce n’est développer.   

Il faut partir du principe que la défense ne peut se concevoir qu’au travers du prisme national. Je ne suis pas partisan de ce que certains appellent la « défense européenne » si ce n’est dans le cadre d’actions communes, non pas imposées mais négociées, suivant des accords nationaux ou bien en prévention ou réaction à des évènements ou conflits. Le Mali en 2013 nous a d’ailleurs montré à quel point l’Europe de la défense était une utopie, tout comme d’ailleurs un appui inconditionnel des Etats-Unis.

Il y a un peu plus de 30 ans la France consacrait 3% de son PIB à sa défense, aujourd’hui elle lui en consacre péniblement la moitié. Nos armées ont été la variable d’ajustement budgétaire de tous les gouvernements, de Droite comme de Gauche, amenant à l’amputation des ressources financières visant à les maintenir à un haut niveau opérationnel. Ces coupes franches auraient été compréhensibles dans un monde idéal, sans menaces, sans guerres, bref sans dangers. Elles auraient été aussi efficaces si elles avaient permis de mettre un coup de frein à la dette. Mais rien de tout cela, bien au contraire…

La France doit donc pouvoir maitriser son indépendance en osant une remontée en puissance de ses forces armées. Si la défense a un coût, elle n’a pas de prix.

Une défense visant à une totale indépendance stratégique impose de revoir à la hausse le budget qui lui est attribué. La nouvelle norme Otan impose à ses membres un budget à 2% du PIB ce qui équivaut pour la France à une nouvelle perte de capacités. Certains évoquent un effort à 2,5% sur 5 ans, autant dire juste de quoi maintenir nos armées au niveau actuel sans rien régler des problèmes reconnus. Même si le but peut paraître élever, il faut viser 3% du PIB sur les 10 ans à venir. Remplacement des matériels en fin de vie, croissance du format de nos forces, innovations mais aussi mise en place d’une Garde Nationale et entrainements de haut niveau nécessite de dire la vérité aux Français sur l’effort à consentir.